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PAREM dans sa dernière ligne droite La gestion de l’après PAREM constitue à n’en pas douter une préoccupation majeure pour le Commissariat au nord et ses partenaires, notamment le PNUD. Le programme d’appui à la réinsertion des ex-combattants au nord du Mali dans sa phase terminale intensifie ainsi ses actions de formation en direction des bénéficiaires. Ce volet, bien qu’initié assez tard, apparaît comme un point de passage obligé pour la pérennisation de la paix retrouvée. Après le taux de réussite mitigé des micro-projets réalisés par les ex-combattants en 8è Région, le processus de formation mis en route a proposé pendant un mois une démarche alternative à une dizaine d’éléments des ex-mouvements rebelles de Kidal. Tous se sont retrouvés au centre de formation de l’ONUDI (Organisation des Nations-Unies pour le Développement Industriel) à Sévaré. La session portait sur la plate-forme multifonctionnelle, un concept qui brièvement résumé vise l’utilisation optimale des ressources locales et l’acquisition de comportements et de mécanismes permettant le passage d’une économie d’autosuffisance à une économie marchande. La plate-forme peut s’adresser par exemple aux femmes rurales, naguère simples ménagères et aujourd’hui gestionnaires d’une micro-entreprise produisant principalement des denrées alimentaires par le séchage, des fruits et légumes, la fabrication de beurre de karité, le pressage, le décorticage. Sans oublier toutes les activités qui s’articulent autour d’un moulin dont les possibilités d’exploitation sont des plus intéressantes. En ce qui concerne de manière plus précise les ex-combattants, la plate-forme s’intéresse à optimiser leurs capacités à s’insérer dans des activités artisano-industrielles. En clair, il faut arriver à la situation où à partir d’un équipement de base assez simple se crée une multiplicité de produits et de service. Selon le formateur Lionel Ferrari, une exploitation limitative et spécialisée d’un moteur ordinaire de moulin génère des revenus assez limités. Il faut améliorer ce moteur afin qu’il atteigne une multifonctionalité. A ce moment les bénéficiaires auront entre les mains un outil polyvalent, flexible, robuste et rentable, dont la plupart des composantes pourraient être fabriquées et entretenues localement. Zeïd Ag Ibrahim de Tessalit s’est entièrement rallié à cette approche. Lui, à qui étaient complètement étrangers les travaux techniques : a assimilé sur la plate-forme la soudure à l’arc, la forge et ce qu’il appelle des « trucs artisanaux ». Toutes ces connaissances acquises lui permettent non seulement d’aménager sa propre plate-forme, mais aussi de se convertir en formateur pour d’autres jeunes de Tessalit. En fait la grande question qui trouble les stagiaires de Kidal, c’est de savoir combien de temps il leur faudrait pour acquérir une plate-forme et mettre en œuvre leur savoir-faire tout neuf. Sur ce plan, le conseiller technique principal de l’ONUDI à Sévaré est formel. Roman Imboden a indiqué qu’une mission exploratoire avait sillonné au préalable la Région pour savoir dans quelle mesure il était possible d’expérimenter la plate-forme à Kidal. Il appartient maintenant aux ex-combattants eux-même d’exprimer leurs centres d’intérêt et de financer le projet. Mais en attendant, l’ONUDI, de concert avec le PNUD et à travers le Parem, le Commissariat au nord et le département de l’industrie au Mali va organiser ce premier groupe d’ ex-combattants et l’équiper afin que les éléments servent de formateurs sur le terrain. D’autres groupes seront dans l’avenir intéressés par une formation identique. Le coût moyen d’une plate-forme a conclu l’expert Roman Imboden, s’élève à environ 1.5 million. L’unité de base est constituée par un châssis, un moteur, un alternateur et un moulin. Bref un équipement succinct, facile d’entretien et d’usage. Le reste sera une affaire d’engagement et d’abnégation des bénéficiaires. S’ils s’approprient de l’outil, ils auront toutes les chances d’aller vers des activités concrètes et génératrices de revenus moins aléatoires que ceux fournis par la micro-culture maraîchère, le commerce et l’élevage. Des activités qui drainent un maximum d’adhérents, mais dont les produits ne trouvent pas de débouchés sur un marché régional très étroit. Modibo N. TRAORE |
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